Braid (2008 – Xbox 360, Ps3, PC)

Tim, un Mario en costume cravate doit sauver sa Princesse. Pas sûr que cette fois-ci, la Princesse le suive… L’univers a beau être féerique (Mama mia, ces belles couleurs partout !), avec des constats désenchantés sur la vie à deux, l‘histoire m‘a parue bien triste… et même assez ambiguë sur la fin. Autre faux semblant, Braid n’est effectivement pas un jeu de plates-formes « classique ».

S‘il emprunte des éléments à Mario, c‘est pour mieux les détourner l‘instant d‘après. La possibilité de « rembobiner » la partie, de jouer avec le temps dans tous les sens (de le stopper comme de le ralentir) offre d’énormes possibilités. Or qui dit plein de possibilités dit aussi énigmes bien tordues (du genre tordu de chez tordu). En pièce d’orfèvre magique (le jeu est beau) et délicate (le jeu est court), Braid s’apprécie à sa juste valeur sans soluce.

S’apercevoir après tant d’efforts que l’impensable était possible est vraiment un plaisir immense !

Rez (2001 – Dreamcast, Ps2)

Rez est un shoot en fil de fer où on locke des parallélépipèdes en guise d’ennemis avec de la musique électronique dans les oreilles. Amis des jeux étranges, bonsoir ! Détruit par la critique à l’époque de sa sortie, encensé par des milliers de retro-gamers aujourd’hui, Rez, c’est noir ou blanc. On aime ou on déteste. Pour ma part, passé mes appréhensions, j’ai découvert le dernier grand jeu de la Dreamcast. Un chef d’oeuvre de chaque instant, loin de ce qu’on a pu en dire (rudimentaire, rebutant, trop court, répétitif, sans intérêt…).

Jouer à Rez, c’est s’immerger dans un monde qui n’a rien de commun avec le monde réel. La musique entêtante vous suit jusque dans vos tirs (chaque ennemi touché égale une note) et l’univers en fil de fer n’est pas comme on pourrait le croire rudimentaire. Les effets de lumière, les distorsions, les rotations, le décor en perpétuelle construction, le foisonnement de détails et la fluidité de l’ensemble ne trompent pas, on est bien sur une 128-bit et la réussite visuelle est de chaque instant. Beau, Rez l’est.

Court, trop court, Rez l’est aussi mais comme c’est un jeu hypnotisant, une fois accroc, on y joue toujours et sans cesse.

Another World (1991 – Amiga, Atari ST, Megadrive, Mega CD, Super Nintendo, 3DO, Jaguar, PC…)

Chef d’œuvre d’un seul homme, Eric Chahi, Another World est un jeu immersif. Par son ambiance particulière mais aussi par ces fameuses cinématiques intégrées à l’action. Avec cette mise en scène en direct, le jeu se rapproche côté émotions du cinéma. Il n’y a qu’à voir ce gros plan effrayant de l’énorme félin noir au début du jeu, un gros plan qui marque durablement le joueur !

Quant aux graphismes, on est vraiment dans un autre monde ! L’utilisation des polygones 2D offre un rendu exceptionnel autant du côté esthétique (les décors d’une froide étrangeté sont magnifiques) que de l’animation (la fluidité des mouvements égale celle d’un Prince of Persia). Côté jeu, ce mélange d’action et d’énigmes est très difficile et ne se livre vraiment qu’avec le temps, les occasions de mourir étant légions et imprévisibles.

Du coup, les gamers en manque d’action pure lui préféreront certainement Flashback. Ce jeu réutilise avec efficacité les mêmes procédés techniques (cinématiques, polygones 2D…) mais n’a pas la dimension artistique qui rend cet Another World si émouvant.

Panzer Dragoon (1995 – Saturn, PC)

Malgré un concept vieux comme le monde (je blaste, je blaste, j’esquive et je reblaste), Panzer Dragoon est une expérience unique, un jeu cultissime à plusieurs niveaux, et ce pour plusieurs raisons. D’une part, la réalisation prouvait à l’époque de sa sortie que la Saturn était capable de grandes choses. Une 3D mappée riche en détails, des décors somptueux et des boss monstrueusement énormes. Le jeu propose aussi un gameplay très intéressant avec une gestion permanente des vues (les ennemis arrivent de tous les côtés). Et l’animation est remarquable (on plane, on accélère, on change de direction).

D’autre part, Panzer dépasse son concept (le shoot bourrin) pour nous amener vers des sphères très peu explorées alors. Dès l’intro en image de synthèse, l’immersion du joueur est totale. On rentre dans Panzer Dragoon comme dans un film. Tout marche dans ce sens : la musique symphonique rarement entendue sur console en 1995, le design inspiré par Moëbius, un maître de la BD, la mise en scène des niveaux…

Nul doute, Panzer Dragoon est un chef d’oeuvre du genre !

Dig Dug (1982 – Arcade, Atari 2600, Atari 7800, Nes)

Première partie émue sur une vieille Atari 2600, redécouverte en « haute définition » sur NES, Dig Dug qui date de 1982 est un émoi de l’enfance. Les jeux que l’on découvre les yeux écarquillés de bonheur, un temps ancien où quelques carrés et des boings suffisaient amplement. Vous êtes un exterminateur parti sous terre dénicher des monstres ronds et rigolos avec une pompe à vélo.

Creuser des tunnels, tirer sur les ennemis et les faire gonfler comme des baudruches jusqu’à explosion (le fameux pistolet pompe à vélo), rien de plus simple et de plus amusant. D’autant que l’ambiance sonore est titillante, ponctuant vos succès d’un petit final entraînant et qui ne donne qu’une envie : continuer encore et encore. Evidemment, les monstres ne resteront pas immobiles. Ils vous pourchasseront et attention, certains creuseront pour vous piéger, d’autres comme les dragons verts vous cracheront dessus des flammes dangereuses. Il faudra alors faire preuve de beaucoup de réflexes et de rapidité pour aller loin dans le jeu.

Dig Dug est un véritable classique kawaï, une perle signée Namco, déjà inventeur du grandiose et incontournable Pac-Man.

Rick Dangerous (1989 – Atari ST, Amiga, Amstrad CPC)

Parodie d’Indiana Jones, Rick Dangerous trimballe ses pixels et son gros nez dans des niveaux de l’Enfer entre temple Inca, pyramide d’Egypte ou château emplis de Nazis. Soyez-en averti : chaque pas trottiné est susceptible d’être votre dernier. Le jeu est d’une difficulté hautement sadique et les morts (accompagnées d’un petit cri rigolo) s’enchaînent sans fin. A la longue, c’est un véritable plaisir de faire mourir notre Rick Dangerous, de le voir tomber dans des pièges que les programmeurs, amateurs de fausses pistes et de traquenards, ont pris un malin plaisir à mettre là où on ne s’y attend pas.

En bon die and retry, Rick Dangerous demande au joueur de mémoriser le parcours au pixel près ; un challenge excellent d’autant que le jeu fait preuve d’un level design très inventif. Le stock de vies est conséquent pour ne pas être trop frustré, et dynamites ainsi que flingot sont là pour piller sauvagement et sans aucune pitié les tombes et autre cavernes. Doté d’un pixel art tout rond, c’est le die and retry le plus drôle qui soit.

Un chef d’œuvre vidéo-ludique tout à la fois mortel et tordant.

Journey (2012 – Ps3, Ps4, PC)

Journey nous enlève à notre réalité pour un incroyable voyage, débutant dans l’immensité d’un désert d’une Perse mythique. Marcher, s’étonner de la majesté de nos envolées, croiser des cerf-volants, illuminer des fresques murales… Le voyage tient de la rêverie éveillée, d’autant que le monde est chatoyant avec ces lumières ambrées.

Notre solitude est bientôt bouleversée par l’arrivée de l’altérité, aux habits analogues. La rencontre interroge, surtout si comme moi, on n’en est pas averti (je n’ai rien lu au sujet du jeu avant d’y jouer). L’autre, c’est un joueur en ligne comme nous, dont on ne sait rien et avec qui on pourra communiquer avec notre chant. L’entraide et les interactions même limitées avec ce camarade donne au périple un surplus d’émotions, assez difficile à décrire. Oui, Journey est très court. Et pourtant, après avoir parcouru déserts, ruines et montagnes, il m’est très difficile de ne pas relancer ce périple, avec l’espoir de ressentir à nouveau ce flots de sensations. Des sensations qui parcourent l’échine et font frissonner.

Je me rends compte, en me les remémorant, de l’immense et infinie beauté du jeu.

Fable: the Lost Chapters (2005 – Xbox, PC)

Fable: the Lost Chapters est un jeu que j’ai fini plusieurs fois : une fois avec un Paladin des plus bons avec une auréole sur la tête, une fois avec un archer maléfique adepte de la débauche et du meurtre gratuit, et une autre fois avec un magicien neutre bien barbu et bien alcoolique aussi. A chaque fois le même plaisir, jubilatoire plaisir de façonner à sa guise la personnalité du héros, de le voir peu à peu vieillir, être marqué par les cicatrices des batailles, de l’habiller, de le tatouer ou d’acheter des maisons pour ensuite les décorer (« Esprit de Sims, es-tu là ? »).

On peut être acclamé par les enfants ou effrayer les paysans, fonder un heureux ménage ou visiter à l’occasion le Bordel de Darkwood. Mais attention, devenir un héros n’est pas de tout repos. Fable – The Lost Chapters n’oublie pas d’aligner les petites quêtes et les énormes boss. L’aventure se rallonge même par rapport à l’original, avec à la clé un gigantesque Dragon à affronter.

Fable: the Lost Chapters est bourré de charme et s’avère être le meilleur épisode de la série. Il y a un équilibre parfait entre l’aventure et la gestion.

Doom (2016 – Ps4, Xbox One, Switch, PC)

Je n’ai jamais compris l’évolution du genre qu’est le FPS, type de jeu que j’ai quasiment délaissé. En vingt ans, toute part d’exploration a été proscrite en mode solo pour une linéarité bêta (sous forme de longs couloirs) et une action pré-mâchée. Et c’est avec ce Doom de 2016 (ou Doom IV) que je me rends compte à quel point l’aspect labyrinthique était, et est toujours aussi génial. Doom renoue non seulement avec le massacre gore comme à la bonne époque, mais surtout avec la liberté de se mouvoir dans des niveaux de plus en plus vastes, bourrés de salles secrètes.

Lire une carte, dénicher des clés, faire travailler nos neurones, ça fait un bien fou ! Pour ce qui est de l’action, il y a une pelletée de monstres et d’armes terribles (avec d’excellentes évolutions à glaner). Pas de regen automatique, il faut se gagner les items de santé et aller au contact pour déclencher des « Glory Kills » (à mains nues, c’est encore plus saignant) afin de récupérer quelques points de vie. Mme tronçonneuse fait également son grand retour pour des mises à mort gouleyantes (bien qu’un peu salissantes) !

Gloire au Doom nouveau !

Primal Rage (1995 – Arcade, Playstation, Saturn, 3DO, Jaguar CD, Megadrive, 32X, Super Nintendo)

Quel monstre préhistorique l’emportera ? Le King Kong de Bornéo ou le T-Rex de Mexico ? Au sol, Raquel Welch tient les paris… Jeu de baston avec des gros dinos, Primal Rage est dans la lignée des Mortal Kombat avec plein de fatalités bien gores. Le résultat est sympathique avec une réalisation honnête. Quelque soit le support, l’animation image par image est particulièrement bien rendue.

En ce qui concerne les graphismes, on préférera évidemment la borne d’arcade (les dinos y sont énormes !) et les versions 32 et 64 bits, sachant que nos bébêtes en pâte à modeler pixelisent énormément sur consoles 16-bit. Côté jeu, vous vous battrez contre la manette tellement les coups spéciaux sont durs à sortir. Ils nécessitent parfois plus de doigts qu’on en a !…

Certes, Primal Rage ne casse pas trois pattes à un T-rex mais le temps d’une partie ou deux, il s’avère distrayant.