Assassin’s Creed Origins (2017 – Ps4, Xbox One, PC)

Après deux années de repos bien méritées, la série des AC prend un nouvel envol avec Origins. Ici, il est question des origines de la Confrérie. On découvre l’Égypte Antique, immense, et Bayek, protecteur des Pharaons, qui souhaite se venger en tuant un à un les membres d’un ordre secret. La formule connue, mélange d’infiltration et d’action, est ici magnifiée. En lorgnant sur Witcher III, AC s’est transformé en un véritable RPG avec des quêtes variées qui s’enchaînent à la perfection, un inventaire complet et un levelling débridé.

La carte est juste extraordinaire : à la fois gigantesque et vivante, offrant de splendides panoramas. Il y a tant à faire. On pourra s’infiltrer dans une garnison avec Senu, l’aigle qui nous assiste pour débusquer les ennemis ou chasser les crocros et les hippopos sur les bords du Nil. On pourra cavaler sur les dunes pour dénicher un repaire de brigands, descendre dans un sombre tombeau pour y découvrir de merveilleux trésors ou bien escalader une Pyramide pour le vertige que cela procure.

Soutenu par une histoire bourrée de surprises et de rencontres, il y a tant à découvrir, tellement d’heures de jeu devant soi qu’on ne peut que s’incliner.

Streets of Rage 2 (1992 – Megadrive)

En offrant au joueur un pur jeu d’arcade avec des sprites énormes et une ambiance de folie, Streets of Rage 2 surclasse la concurrence, le premier épisode, très bon au demeurant, et même sa suite, laquelle m’a assez déçu… En coopération, SOR 2 dépasse en effet toutes les attentes avec des persos complémentaires et charismatiques. Axel Stone distribue des bourre-pifs à qui en veut, avant de les finir sur un hypercut enflammé, et Max le bibendum joue les tractopelles avec ses coups d’épaule dévastateur. Blaze, pleine de grâce, fait des soleils percutants quand Skate, adepte du breakdance en roller, décanille les punks en rythme.

Le jeu propose des ennemis renouvelés (même si le clone à crête a la cote), une variété d’environnements monstres, des niveaux graphiquement fins et inspirés. Certains détonnent même comme ce niveau biomécanique, que n’aurait pas renier un H.R Giger, dans le train fantôme de la fête foraine. Rendons hommage pour finir à la bande son punchy et électrisante de Yuzo Koshiro qui transforme la Megadrive, laquelle n’a pas tellement l’habitude, en véritable beatbox.

Assurément, LE Beat-Them-All de la Megadrive et un des tous meilleurs jeux de la 16-bit de Sega.

Streets of Rage (1991 – Megadrive)

Streets of Rage est le Beat them all qui donnera le LA du genre sur Megadrive, reprenant à son compte ce qui avait déjà été fait dans Final Fight et Double Dragon. A savoir de la baston de rue avec un écran qui défile et des ennemis à la pelle qui avancent. On a le choix entre les trois « As » de la police, lesquels se manient à la perfection pour une joute cadencée par les baffes et les coups de semelles dans les gencives. Lorsque la situation l’exigera, (des ennemis partout, un boss surpuissant), il ne faudra pas hésiter à faire appel à nos collègues, qui arriveront derrière en voiture, armés d’un bazooka (!) pour dégager le terrain. Anecdote amusante : c’est la chose que l’on fera dès les premières secondes de jeu en se trompant de bouton…

Alors même si sa suite fera encore mieux avec des persos plus gros et des décors plus jolis, Streets of Rage est un petit monument que l’on visitera souvent et de préférence avec un ami.

Ambiance 16-bit, néons, pixels et baston garantie !

The Witcher (2007 – PC)

Ô joie, grande joie de découvrir (tardivement) le premier épisode du Sorceleur. Alors certes, le jeu, datant de 2007, a un peu vieilli, ce que je constate à la vue des visages des PNJ, certains n’étant pas gâtés par la nature. Ensuite, sans être un RPG couloir, les zones visitées se parcourent rapidement et la liberté est assez restreinte. Mais l’histoire, à l’apparence classique (une traque prétexte à l’aventure), est habilement tressée à base de quêtes et de dilemmes. Difficile de décrocher passé la première heure de jeu. 

Je trouve en particulier l’ambiance saisissante : des décors sombres et très fins jusqu’aux bruitages qui donnent vie aux environnements. Le système de combat, pensé PC, est parfaitement adapté au clavier et à la souris. En fonction des ennemis, il faudra jongler au mieux entre les signes magiques et les différents styles de combat. Et le bourrinage en maltraitant notre souris est proscrit : comme dans un QTE, on devra cliquer au bon moment pour enchaîner les combos. Une bonne idée bien exploitée…

Pardieu, ciel bas et envol de corbeaux, The Witcher est un RPG racé. Il pose toutes les bases de la série et ouvre la voie royale au Sorceleur.

Espial (1983 – Arcade, Atari 2600)

J’ai découvert Espial complètement par hasard, sur Atari 2600, puis j’ai poussé la curiosité de tester la version originale parue sur borne d’arcade en 1983. Le jeu m’a immédiatement fait penser à Xevious, et quelque part, il lui emprunte plein d’idées comme ce défilement vertical, les nombreux ennemis et ces tourelles de défense au sol qu’il faudra détruire avec un tir spécifique. Mais, à la place d’un simple clone, j’ai eu affaire à un shoot précis, à la difficulté abordable et entraînante (tout le contraire de Xevious que j’ai toujours trouvé frustrant).

J’ai été surpris par cette qualité visuelle, avec une vue de dessus d’une clarté imparable et un environnement SF luxuriant. Pour un jeu de la première moitié des années 80, c’est superbe. Sur Atari 2600, la conversion par Tigervision est une grande réussite avec un véritable décor (ce qui était très rare sur la console d’Atari), un maniement du vaisseau agréable et des sprites tout aussi nombreux que sur la version d’origine.

Une vraie surprise que voilà et surtout, un très bon shoot !

Black Tiger (1987 – Arcade, Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64)

Encore une pièce ? Black Tiger est de ces jeux d’arcade qui donne envie de casser sa tirelire. Deux ans après Ghosts ‘n Goblins, Capcom introduit dans sa recette de Run ‘n Jump des éléments de RPG avec clés, coffres et trésors. On libère des petits vieux : certains libèrent des items quand d’autres ont carrément une boutique derrière eux. On customise son équipement, on devient plus résistant, plus fort, plus armé que jamais. Côté plates-formes, on grimpe partout sans s’abstenir de lancer sa chaîne et de tirer des poignards. C’est le panard complet !

Avec un aplomb qui décontenance (oui, j’ai plus de trente ans et alors ?), Black Tiger cumule avec joie tout ce qu’on peut aimer dans un jeu d’arcade : une action démente, difficile mais jamais frustrante, de gros items qui tombent comme au jackpot et des détails graphiques croustillants, dorés à point dans les hauts fourneaux de chez Capcom.

Ça mérite bien les crédits infinis !

Puggsy (1993 – Megadrive, Mega CD)

Puggsy est un sympathique jeu de plates-formes où l’on incarne un gentil extra-terrestre (une aubergine croisée à une patate) égaré sur une île pleine de matous particulièrement vilains. L’originalité du jeu vient que les effets physiques de chaque objet à disposition ont été admirablement bien traduits. Ainsi, une enclume vous permettra d’avancer face à un ventilateur ou alors un ballon, bien envoyé, rebondira contre le pan d’un mur et vous permettra d’atteindre une cible… Le jeu demande ainsi un effort de réflexion pour utiliser les objets à bon escient et passé les premiers niveaux simplissimes (la plage), l’aventure ne sera pas de tout repos.

Graphiquement très joli, Puggsy bénéficie de la patte de Psygnosis (Flink ou Wiz’n Liz sur le même support) avec des décors, bien que peu colorés, détaillés et rigolos. En revanche, les animations, à commencer par le héros, sont réduites ici au strict minimum. Ca manque vraiment de punch à ce niveau. Les boss, eux, sont impressionnants et beaucoup d’effets absents habituellement sur Megadrive (rotations, zoom…) sont de la partie.

Prenant, amusant, bien réalisé… Puggsy est un jeu bien cool.

Abzû (2016 – Ps4, Xbox One, PC)

Quand on a goûté aux mers de sable, difficile de ne pas voir en Abzû le prolongement de Journey (2012). Emporté par le score d’Austin Wintory, il faudra toujours aller de l’avant mais cette fois-ci, en plongeant à corps perdu dans les profondeurs d’un océan. Ici, les environnements aquatiques sont somptueux et s’animent d’une vie bariolée avec ces bancs de poisson multicolores filant à toute vitesse. On croisera jusque dans les abysses de débonnaires mammifères marins aux tailles imposantes.

Flâner permet d’observer cette vie qui s’organise, de découvrir des formes inédites : c’est là la différence avec Journey. On peut y jouer sans s’arrêter, filer droit au but, et ne pas s’apercevoir de la magie qui nous entoure. Abzû a cette belle naïveté de croire que le joueur n’est pas qu’un joueur. Qu’il va s’arrêter un instant, tantôt pour contempler, juste pour contempler, tantôt pour virevolter en s’accrochant à des créatures marines pour d’éphémères ballets.

Gex (1995 – 3DO, Saturn, Playstation)

Le plus marquant dans ce jeu de plates-formes en 2D est certainement l’animation du lézard. Fluide et rapide, elle se combine à la perfection à un gameplay jouissif : notre gecko bavard pourra grimper du mur au plafond et gambader sur n’importe quelle paroi, même celle qui nous font face, sans subir les affres de la gravité.

Se ventouser partout et gober les mouches avec sa grande langue deviendra vite une seconde nature. On prendra plaisir à visiter des mondes extrêmement variés (épouvante, cartoon, jungle, kung fu) gardés par des boscos parfois très impressionnants (le dragon guatemaltèque fait son petit effet). Les graphismes sont très jolis avec une mention spéciale pour le monde Cartoon (et ses décors délirants et haut en couleur).

Gex est un excellent jeu de plates-formes, le meilleur sur 3DO, et il est bien meilleur aussi que ses suites en 3D.

Styx: Shards of Darkness (2017 – Ps4, Xbox One, PC)

Gobelin à la langue bien pendue, Styx a pour honorable métier de voler tout ce qui brille (en mettant s’il le faut des petits coups de couteaux dans le dos). C’est par hasard que j’ai découvert ce second volet mettant en scène ce lutin vert, n’ayant jamais entendu parler du premier opus auparavant. Et je découvre un jeu d’infiltration sans concession. Comme le gobelin est nul en combat, pour espérer survivre, il faudra être le plus possible indécelable dans des décors gigantesques.

La difficulté est redoutable mais le jeu est malin. Il nous permet d’être libre et créatif pour tromper les gardes, en abusant pourquoi pas des pouvoirs spéciaux (invocation d’un clone entre autres). Quelques défauts : l’histoire est prétexte, les graphismes oscillent entre de magnifiques panoramas et des intérieurs moyens. Certains passages sont ahurissants de difficulté, sauvegarder compulsivement tous les deux mètres peut finir par agacer. Mais en bon jeu teigneux, Styx a ce côté « poil à gratter » qui fait qu’on ne l’oublie pas.

Et le gobelin est attachant jusque dans sa manière de se mouvoir, en bon prince des voleurs, et dans sa manière de se foutre royalement de nous lors des game over.