Inside (2016 – Ps4, Xbox One, Pc)

Petit garçon qui avance dans un monde de plus en plus inquiétant… La filiation avec Limbo est plus qu’évidente et cette fois-ci, Playdead a ajouté de la couleur, des teintes souvent glaçantes, et de la profondeur de champ avec une 3D nous offrant de vastes panoramas immobiles. Tout comme Limbo, le reste est une soustraction permanente : pas d’explication, pas de musique (ou si peu) et surtout, pas de scène réconfortante.

Comme ce gamin au pull rouge, on plonge dans un cauchemar parfaitement orchestré où les énigmes, elles-mêmes en jouant sur un timing serré ou sur des actions malaisantes (tirez donc sur la queue du cochon), nous mettent dans un inconfort certain. La séquence finale, bien glauque, perturbe autant qu’elle fascine, et résume pour ma part ce qu’est Inside.

Alors que Limbo était une perle horrifique jouant sur des peurs classiques (l’arachnophobie pour n’en citer qu’une), Inside réhabilite « l’étrange » comme un genre primordial du fantastique, à même de nous captiver et de nous surprendre.

Assassin’s Creed Syndicate (2015 – Ps4, Xbox One, PC)

Les insolents jumeaux et assassins, Jacob et Evie Frye, décident de leurs propres chefs de mettre le boxon à Londres. Avec ses cheminées crachant leurs fumées au loin et le fog qui nimbe Big Ben et la Tamise, le Londres de l’époque Victorienne est parfaitement reconstitué. On s’y croirait. Côté background, le jeu lorgne du coté de « Gangs of New York » avec ces bandes rivales qui s’affrontent à coups de hachoir. Mater l’adversaire pour libérer les quartiers est une bonne idée, d’autant que les bastons de rue et les séquences d’infiltrations sont très réussies. Mais dommage que ces missions aient une forte tendance à se répéter.

Côtés nouveautés, tous les ajouts sont amusants même si on peut leur reprocher de ne pas être crédibles pour un sou. Le grappin nous permet de faire de la tyrolienne entre deux bâtiments sur une bonne centaine de mètres (!) et les calèches, à fond les ballons, détruisent tout sur leurs passages comme de véritables chars d’assaut.

Neuvième de la série, Syndicate est au final un jeu bien fun avec une pléthore de choses à faire. Reste que je ne peux pas m’empêcher de comparer et de lui préférer les épisodes précédents (et suivants), plus sobres et plus subtils à mon goût.

The Witcher 3: Wild Hunt (2015 – Ps4, Xbox One, PC)

Le monde est en guerre mais Geralt le Sorceleur a d’autres préoccupations : il est à la recherche de Ciri, sa fille adoptive. Une horde de cavaliers fantômes, la terrible Chasse Sauvage, est également de sortie… Au risque de perdre ce qui faisait la singularité de la série, The Witcher III s’est mis au diapason avec Skyrim. Le monde du Sorceleur est désormais ouvert avec des Royaumes gigantesques à parcourir. Cette liberté est bienvenue d’autant que les pays visités, balayés par les vents, sont très jolis.

Mais ce qui fait avant tout l’excellence de cet épisode, c’est d’avoir su lier de vastes zones à une narration dense et captivante, spécifique à la série. Basé sur les romans d’Andrzej Sapkowski, The Witcher III nous offre des histoires remarquablement bien écrites, mettant en valeur le moindre des PNJ du jeu. Le bien et le mal se confondent en permanence et les choix cruciaux et moraux abondent. Petit à petit et sans mot dire, j’ai été littéralement happé par cet univers.

A noter le Gwynt, un mini-jeu à la Magic the gathering : des cartes à jouer et à collectionner sans fin. Un petit jeu génial dans un immense RPG !

extensions :

The Witcher 3: Wild Hunt – Hearts of Stone

Le troisième volet du Sorceleur fut une aventure « hors-du-commun », dépassant toutes mes attentes de joueur. Après une centaine d’heures de jeu et le couperet du générique de fin, je n’avais qu’une hâte : prolonger l’expérience avec les extensions. Hearts of Stone est la première d’entre elles et nous offre une quête principale, indépendante à celle du jeu de base ainsi qu’une nouvelle zone à parcourir, Velen s’agrandissant de manière conséquente au nord-est. L’extension s’adresse aux joueurs aguerris avec des ennemis de haut niveau et des boss bien coriaces. Insuffler du challenge est une très bonne chose car j’ai repris goût à la victoire comme aux premiers instants.

Alors certes le pays de Velen, même agrandi, reste le pays que l’on connaît, avec ses champs et ses forêts et il est difficile d’être dépaysé (laissons ce soin à l’extension suivante). Mais entre le Roi Crapaud, de vieilles connaissances et un Enchanteur venu d’Orient, les rencontres en tous genres abondent, tout comme les quêtes et les rebondissements (imprévisibles).

Une réussite !

The Witcher 3: Wild Hunt – Blood and Wine

A la demande de preux chevaliers errants, notre sorceleur voyagera jusqu’au duché de Toussaint, un pays ensoleillé, un cadre idyllique rappelant l’Italie. L’endroit idéal, pense-t-on, pour y couler des jours paisibles… Loin des terres désolées de Velen, cette extension nous offre rien de moins qu’un nouveau, vaste et magnifique bac à sable et la promesse d’une quarantaine d’heures de jeu (comptez-en 20 pour la quête principale) ! Diantre, ce n’est plus une extension là, c’est un jeu à part entière !

On joue goulûment, passant d’un tournoi hautement chevaleresque à la rénovation de notre domaine viticole, sans oublier les découpages en règle de scolopendres géants et de plantes carnivores dans les vignobles. Les amateurs de Gwynt (le jeu de cartes) ont même de quoi faire avec une toute nouvelle faction à jouer et un grand tournoi de maîtres à remporter. Même si le côté sombre de la série perdure dans la trame principale, même si les monstres sont sacrément balaises, c’est le caractère enjoué qui prend le dessus dans cet ultime chapitre du jeu.

Un humour rafraîchissant pour un jeu qu’on aimerait sans fin.

Hellblade – Senua’s Sacrifice (2017 – Ps4, Xbox One, PC)

Hellblade est une marche lancinante et angoissante. On partagera les hallucinations visuelles et auditives de la marcheuse, Senua, une guerrière Picte atteinte de troubles psychotiques. L’expérience vaut pour elle, interprétée avec force par Melina Juergens et pour le remarquable décorum nordique nous immergeant petit à petit dans les ténèbres Vikings. En se bornant à une alternance d’énigmes et de longs combats (des vagues de monstres dans des arènes), le jeu installe une petite routine qui à la longue peut faire perdre quelques grammes d’intensité à l’ensemble.

Néanmoins, Hellblade met toujours; au bon moment; un bon coup de marteau dans la boîte crânienne, et se révèle in fine perturbant et sublime comme un poème hurlé en langue scalde. La folie est vraiment traitée sous tous ses aspects et peut même finir par troubler à force de voix parasites, de fissures lézardant le fameux 4ème mur (les regards caméra !) et d’autres tangages bien perturbants.

En un mot : remarquable.

Tempest 4000 (2018 – Ps4, Xbox One, PC)

En bon tube shooter « old school » relevé à la sauce 4K, cette refonte améliorée de TxK (paru sur PSvita) ne semble s’adresser qu’aux fans hardcore d’Atari, tant elle fait peu de concession aux joueurs néophytes, et c’est bien dommage. C’est onéreux (29.9€ !!), aride (3 modes de jeu) et hard (à l’ancienne)… Mais que c’est BON ! Pour peu qu’on comprenne l’importance des bonus (comme le saut vers l’arrière) et qu’on s’accroche (accrochez-vous, les niveaux ont l’avantage d’être courts), le jeu provoquera en sus des shots successifs d’adrénaline et d’endorphine, une terrible addiction.

Du cylindre emberlificoté au half-pipe démentiel, les ennemis inonderont le terrain et exploseront au contact de notre tir en poussières de pixels, dans un véritable feu d’artifice de sons et de couleurs ! C’est du « reviens-y » qui marque l’ouïe, la rétine et le cortex. Nouveauté de taille par rapport à Tempest 2000 (en plus d’un bonus d’invincibilité et de nouveaux ennemis), la surface de jeu peut changer de forme ou de sens durant la joute, nous faisant perdre tous nos repères.

Hors-du-temps, cinétique et scintillant de ces lumières irrésistibles, Tempest 4000 est un jeu incroyable !

The Witness (2016 – Ps4, Xbox One, PC)

Braid se référait à Mario, The Witness du même Jonathan Blow fait penser à Myst, avec une île bien calme : une végétation luxuriante, des bâtiments abandonnés, d’étranges statues et aucun humain dans les parages… A la différence de Myst qui nous faisait interagir avec des mécanismes, on progressera par l’entremise d’écrans présentant des labyrinthes en apparence tout bêtes.

Quelque part, il faut oser sortir un jeu pareil : il s’agit d’une véritable compilation de 600 puzzles, rendue (très) difficile par l’absence d’explication. Bien entendu, la logique qu’on construit soi-même pour les résoudre sera régulièrement mise à mal. Mais si on est bloqué, libre à nous d’explorer de nouvelles zones et de découvrir des énigmes plus accessibles.

A la fois gratifiant et jusqu’au-boutiste dans son concept (autiste ?), The Witness a un grand pouvoir d’attraction, comme un beau casse-tête en bois paraissant insoluble. J’apprécie non seulement le grand retour des énigmes qui donnent le tournis (sensation vécue pour ma part à plusieurs reprises sur la trentaine d’heures de jeu), mais aussi de retrouver mes vieux amis « crayon à papier » et « feuilles à carreaux qu’on gribouille de schémas ».

Donkey Kong (1982 – Atari 2600)

Vous ne rêvez pas, nous avons bien Mario le plombier (ou plutôt Jumpman le charpentier), princesse Peach qu’on doit toujours sauver (ou plutôt sa cousine Pauline si vous préférez) et le grand Donkey Kong (là, c’est bien lui, le vrai de vrai) sur une console Atari !!! C’est même, bien avant la version NES sortie 4 ans après, la toute première conversion du célèbre jeu d’arcade de Miyamoto !! Bien, après les exclamations, verdict sur cette pièce de musée.

Nous avons un jeu simplifié, allégé avec seulement 2 niveaux sur les quatre initiaux : celui où l’on doit éviter les tonneaux lancés par le Gorille et le niveau où l’on doit effondrer la plateforme de Donkey Kong en marchant sur des rivets. On peut donc sauter, grimper sur des échelles et utiliser un marteau pour dégommer du sprite. C’est sympa et plutôt jouable (le saut répond moyennement toutefois) mais c’est très limité. Des deux niveaux, le premier est amusant. Dommage qu’il se finit en quinze secondes. Le deuxième est déjà plus stressant mais on n’y reviendra pas davantage. Comme faire du score n’apporte pas de grande joie, on préfèrera de loin un Miss Pac-Man, un Galaxian ou un bon Dig Dug.

Earthworm Jim (1994 – Megadrive, Super Nintendo)

Incarner un vers de terre, c’est déjà pas mal délirant. Alors maintenant, on s’imagine qu’il est dans une combinaison atomique avec en bundle un flingolaser. On n’oublie pas qu’il est animé comme dans un cartoon de Tex Avery. Que le ver se manie très bien dans tous les sens et dans toutes les positions. Ensuite, qu’il est entouré d’ennemis aussi beaux et délirants que tarés. Et puis si on ajoute des niveaux qui ne ressemblent à aucun autre tellement c’est original (entre le sous-marin, la course dans un champ d’astéroïdes, la ballade du chien, le saut à l’elastique, le lancer de vache…). Et que les décors sont tout bêtement beaux. Tout d’un coup on obtient l’un des jeux les plus incroyables jamais paru sur consoles.

Earthworm Jim a une patate infernale même encore aujourd’hui. Son esprit absurdodélire n’a pas pris une ridule. Admirez le design des persos, difficile de croire que ce jeu a plus de 20 ans ! Concernant les versions parues sur consoles, j’ai une nette préférence pour la version Megadrive, avec son niveau en plus (Intestinal Distress mmm…tout un programme), ses graphismes moins léchés sont plus à propos avec le style du jeu et le son est des plus pétaradants.

Délire !

Aladdin (1993 – Megadrive)

Je me rappelle de la première fois que j’ai joué à Aladdin. J’ai eu la drôle de sensation d’assister à un dessin animé. Sauf que là, j’avais une manette dans les mains. C’était bien moi qui dirigeais le personnage ! Grâce au savoir faire de Disney et au génie d’un dénommé Dave Perry, Aladdin a vraiment changé la donne en matière d’animation dans les jeux vidéos.

Jamais une animation n’aura été aussi fluide, aussi magique, aussi sensationnelle que celle qui fait vivre les personnages d’Aladdin.

Il n’y a qu’à voir la course de notre voleur oriental avant de sauter sur un chameau et de donner quelques coups d’épées. S’il n’y avait que les mouvements, mais non, le jeu est magnifique, transcende la Megadrive en reprenant d’après nature les principaux décors du film. De l’ambiance bleutée des cachots au monde cartoon et délirant du Génie, Aladdin surprend de bout en bout. La musique d’une grande finesse n’est pas en reste et nous amène tout droit au pays des Milles et une Nuit. La seule ombre au tableau est pour ma part la gestion des sauts qui manque par moment de souplesse.

Mais en dehors de ça, c’est un grand rêve bleu.

The Legend of Zelda: Breath of the Wild (2017 – Switch, Wii U)

Link renaît de ses cendres tel le phœnix pour abattre une fois pour toute le fléau Ganon… Et c’est tout fébrile que je me suis lancé dans cette aventure. D’abord, parce que mes attentes à l’égard de ce Zelda étaient grandes. Ensuite, parce que je découvre avec ce jeu une nouvelle console, atypique ! Breath Of the Wild est donc un Zelda en mode open world, avec de vastes étendues à découvrir.

Dès le départ, la liberté est réelle et enivrante, et le monde s’avère attrayant, jouant beaucoup sur la verticalité. Les sanctuaires (des donjons plus petits avec des énigmes et peu ou pas d’ennemis) sont une très belle trouvaille, et les dénicher à travers la carte devient rapidement une obsession. Tout comme cuisiner, je ne l’explique pas, j’adore ! Quoiqu’un poil court, les 4 donjons principaux sont très originaux et particulièrement bien ficelés. Alors, s’agit-il du jeu parfait comme annoncé ? J’ai envie de nuancer : c’est une synthèse très réussie des jeux Zelda et des Open World. L’histoire est classique (pour ne pas dire convenue), mais le monde d’Hyrule est gigantesque et le plaisir de le parcourir est grand.

Une invitation à une balade sans fin !